Du coup, Radonjic titulaire au prochain match ?

L'ailier serbe de l'OM revit en sélection, mais aussi avec son club.

Publié le 26/11/2019 à 01:00

À chaque semaine, son article sur Nemanja Radonjic (23 ans). Sauf que la tonalité a changé. Après s'être demandé pendant plus d'un an si l'OM ne s'était pas fait purement et simplement arnaquer par l'Etoile Rouge de Belgrade avec ce transfert de 12 M€, on commence depuis quinze jours à se demander s'il n'existe pas des traces de talent dans l'ADN du jeune ailier serbe. En effet, le changement de trajectoire a débuté lors de la trêve internationale avec un but de Radonjic avec la Serbie, synonyme de victoire face au Luxembourg (3-2). Il s'est poursuivi dimanche avec ce but événement à Toulouse (0-2). Le premier en compétition officielle. Radonjic avait marqué l'an dernier, mais le VAR avait systématiquement annulé ses tentatives. Cet été, il a bien offert les EA Ligue 1 Games à l'OM mais ça ne rentre pas dans les statistiques. Pas plus que sa passe décisive pour Germain contre Montpellier en septembre, alors qu'elle était plus que précieuse et bien exécutée, mais un adversaire l'avait touchée avant que l'avant-centre de l'OM n'ajuste le portier adverse. 

Flop à l'OM, supersub en Serbie

Cette tache sur son CV, Radonjic l'a donc effacée à Toulouse avec ce slalom dans la défense et ce pied gauche ouvert qui n'a laissé aucune chance à Reynet. Une véritable libération pour un joueur moqué en Ligue 1, mais qui continue pourtant à être considéré chez lui avec ses 16 sélections, comme l'explique au Phocéen Lazar Van Parijs, du site Footbalski.fr : "Le fait d'avoir continué à être appelé en sélection nationale lui a permis de ne pas couler. Il faut quand même souligner qu'il avait déjà marqué en septembre avec la Serbie avant de récidiver lors du dernier rassemblement face au Luxembourg. Ces sélections lui permettent d'avoir du temps de jeu, mais surtout de montrer qu'il n'a pas perdu son football. À chaque fois qu'il entre en jeu, il est plutôt bon et on le considère comme un "supersub". Il est intéressant lorsque les défenses adverses commencent à fatiguer en posant des problèmes grâce à sa vitesse". Un constat que André Villas-Boas avait déjà fait à l'OM.

Pourquoi le sélectionneur serbe lui faisait confiance ?

Il y a donc clairement deux Radonjic. La recrue désespérante de l'OM et l'international serbe qui continue d'être appelé contre vents et marées. À ce sujet, on se demandait récemment comment le sélectionneur continuait à lui faire confiance et on soupçonnait même l'intervention d'agents dans le processus de sélection. Une interrogation balayée par notre spécialiste concernant l'attaquant olympien : "Il est vrai que ce problème d'opacité existe en sélection, c'est un débat que l'on a depuis un bon moment. Mais, si on regarde les joueurs sélectionnés actuellement, et surtout en attaque, on s'aperçoit qu'il y a tout de même du très haut niveau. Les Tadic, Mitrovic, Gacinovic ou Ljajic ne sont pas n'importe qui, et Radonjic parvient à se faire une place dans ce secteur très fourni du football serbe". Ce mois de novembre réussi va donc peut-être relancer, ou plutôt lancer Nemanja Radonjic sur les rails de la réussite avec son club. Sa joie après son but à Toulouse montre en tout cas son sentiment de libération, même si elle n'a pas été comprise par tout le monde sur le moment. "C'est une célébration qu'il a déjà faite avec la sélection nationale, explique Lazar Van Parijs. Ce n'est pas du tout un geste pour chambrer, même si je ne connais pas la signification". Une adaptation de l'américain "pay my lunch", comprendre "j'ai marqué, c'est à toi de me payer à manger", le genre de défi que l'on peut se lancer entre camarades de bureau. C'était donc peut-être un pari avec des amis présents au Stadium, et, avec ce but, Radonjic a peut-être gagné un repas. Il a probablement gagné plus avec son coach, par exemple une titularisation à droite lors du prochain match où toujours personne ne se détache. Cela lui ferait une quatrième titularisation en Ligue 1 cette saison avec les réceptions de Reims, Strasbourg et le déplacement à Amiens : celle où il saisit sa chance pour de bon ?