C'est bon, c'est la fin de la récré ?

En sortant de son silence, le président de l'OM est-il parvenu à éteindre le début d'incendie provoqué par l'arrivée de Paul Aldridge ? Analyse.

Publié le 23/01/2020 à 01:00

Il y a une semaine, L'Équipe révélait le recrutement par l'OM de Paul Aldridge. Un habitué des transferts en Premier league et ancien collaborateur de West Ham, Manchester City, Leicester ou encore Bolton, censé ouvrir les portes du marché anglais au club phocéen, entre autres. Dès le lendemain, André Villas-Boas ne prend pas de gants en conférence de presse pour s'étonner de ce choix présidentiel et défendre les plates-bandes de son ami Andoni Zubizarreta. Le Portugais va même plus loin en laissant entendre, d'une part, que son avenir à l'OM est lié à celui de son directeur sportif, mais aussi qu'il n'acceptera pas de voir son effectif dépouillé lors de ce mercato d'hiver. La menace est suffisamment explicite pour mettre en émoi les supporters olympiens, très attachés à leur entraîneur, et pousser ainsi Jacques-Henri Eyraud à un exercice de communication mardi soir, lui qui restait sur une longue période de discrétion médiatique. Cette sortie retentissante suffira-t-elle à éteindre un début d'incendie dont l'OM se serait bien passé ? Possible, mais il va falloir que les planètes s'alignent.

AVB a dit ce qu'il avait à dire et  Eyraud a fait la même chose mardi soir

En distillant les uns après les autres des éléments de langage savamment pesés, JHE a répondu aux principales interrogations soulevées par cette dépression venue d'outre-Manche. Non, Aldridge ne vient pas pour liquider les bijoux de famille, même s'il convient de préciser que l'OM doit avant tout soulager ses finances en souffrance. De fait, s'il tombe une proposition que l'on ne peut pas refuser, on ne la refusera pas. En clair, si l'ami Paul peut caser Sanson ou Caleta-Car en Angleterre histoire de ramener le déficit prévisionnel de 60 à 30 M€ en juin, AVB devra faire sans eux. Même exercice d'équilibriste pour l'avenir de Zubi : il reste "l'architecte" de l'effectif, mais la tâche d'un DS n'est pas que d'acheter, il faut savoir aussi vendre. D'où l'appel à un ami. De quoi rassurer définitivement AVB ? On ne pariera pas la maison là-dessus, car le Portugais sait lire entre les lignes. En revanche, il est assez intelligent pour ne pas laisser brûler la mèche, et c'est ce qu'il a fait vendredi dernier à l'issue de la qualification en coupe de France (voir la vidéo). Les deux hommes se sont parlé et "tout va retourner à la normale". En clair, AVB a dit ce qu'il avait à dire et il passe à autre chose. Eyraud a fait la même chose mardi soir et les violons sont accordés.

Une situation paradoxale, même si le club phocéen n'en est plus à un paradoxe près

Il fallait au moins ça, car ce barnum médiatique nous a presque fait oublier l'essentiel : l'OM n'a plus été en aussi bonne santé sportive depuis longtemps. Une situation paradoxale, même si le club phocéen n'en est plus à un paradoxe près et c'est aussi pour ça qu'on l'aime. En deux jours, l'OM s'est infligé une mini-crise comme lui seul sait le faire, alors que tous les voyants semblaient au vert. Il dispose d'un entraîneur de très haut niveau, adoré de ses joueurs et des supporters, d'une équipe joueuse, bagarreuse et performante. Une équipe qui fait enfin la nique à Lyon, Monaco, Lille et aux autres concurrents au point d'avoir un boulevard devant elle vers une qualification directe en Champions league. Enfin, il joue dans un Vélodrome en fusion, devant un douzième homme redevenu une arme absolue. Une heureuse surprise, d'autant plus heureuse que l'on ne l'attendait pas de sitôt au sortir de l'ère Garcia. C'est justement cet équilibre sportif retrouvé qui va dicter les développements des prochaines semaines. Si AVB et ses hommes continuent dans cette voie, on pourra dire que ce remue-ménage médiatique n'aura été qu'une péripétie et que JHE a su actionner l'extincteur. Dans le cas contraire, la braise ne tardera pas à reprendre, et là...