Mercato OM : ventes, le caillou dans la chaussure de Longoria

Si le président olympien a réalisé un sans-faute dans l'exercice des arrivées, il se heurte à la traditionnelle difficulté de vendre des joueurs de l'OM.

Publié le 27/07/2021 à 12:00

Souvent raillé pour son instabilité, l'OM fait pourtant preuve d'une régularité remarquable dans une catégorie, quels que soient les dirigeants ou l'époque : la difficulté de vendre ses joueurs. En effet, sans même parler de plus-values, le club olympien rame depuis des décennies pour fourguer ses joueurs à bon prix, et même à prix tout court. Pire : lorsque l'OM dispose d'un joueur à forte valeur marchande, celui-ci se débrouille en général pour aller au bout de son contrat et filer gratuitement. Pourquoi cette anomalie ? On pourrait citer plusieurs raisons, comme l'incompétence de certains dirigeants passés, le choix des agents ou simplement la douceur de vivre à Marseille. Mais la raison principale reste la même depuis le début de l'ère Robert Louis-Dreyfus : l'OM surpaye ses joueurs, que ce soit en transfert et surtout en salaire, avec parfois (souvent même) le double de ce qu'ils gagneraient ailleurs, et les clubs qui pourraient être intéressés butent devant cette anomalie. Résultat : soit les heureux gagnants vont au bout de leur contrat, soient ils passent à la caisse avant de partir.

L'OM paye sa formidable exposition. Ce verre grossissant qui fait d'un bon joueur un très bon joueur, et d'un très bon joueur un grand joueur

Évidemment, ce triste constat ne concerne pas que l'OM. Le FC Barcelone en sait quelque chose en ce moment. On pense aussi au PSG où des internationaux comme Draxler, Kurzawa ou encore Kehrer préfèrent l'anonymat du banc de la capitale à une relance dans de très bons clubs. Un triste constat que Pablo Longoria se prend aujourd'hui en pleine figure, lui qui doit absolument réaliser quelques bonnes opérations pour financer son audacieux mercato estival. Il faut dire que, dans cet exercice, l'OM paye le revers de la médaille de sa formidable exposition. Ce verre grossissant qui fait d'un bon joueur un très bon joueur, et d'un très bon joueur un grand joueur. Les cas Bouba Kamara et Duje Caleta-Car en sont des exemples frappants. Alors que l'on parlait il n'y a pas si longtemps de 70 M€ pour le premier et 35 pour le second, on s'aperçoit aujourd'hui que ces montants n'existaient que dans la tête de ceux qui y croyaient. Un peu comme les fameux 80 M€ de Florian Thauvin.

Radonjic et Benedetto, deux joueurs qui conservent une certaine cote, mais achetés eux aussi au-dessus du prix

Aujourd'hui, Pablo Longoria touche du doigt la limite de l'exercice. L'exercice de diriger un "club acheteur" et pas un "club vendeur". Dans cette deuxième catégorie, l'exemple de Lyon est frappant. Le club de Jean-Michel Aulas donne aussi des salaires surdimensionnés, au niveau de l'OM, mais il bénéficie de son image de fabrique à pépites bâtie lors des vingt dernières années. Un peu sur le modèle de Porto, Benfica ou Dortmund qui recrutent jeune, vendent au bon moment et disposent régulièrement de la vitrine de la C1. C'est ce que tente de faire l'Espagnol depuis son arrivée, mais le retard à rattraper est énorme et certains dossiers continuent de peser, comme l'incroyable deal pour Strootman à Cagliari. On pense aussi à Radonjic et Benedetto, deux joueurs qui conservent une certaine cote, mais achetés et rétribués eux aussi au-dessus du prix. C'est la raison pour laquelle ils sont toujours là. Pour ne pas conclure sur une note trop pessimiste, on peut se rassurer en sachant que le mercato est encore long et que des clubs seront dans l'obligation d'acheter dans la dernière ligne droite. C'est cette ultime fenêtre qu'il ne faudra pas rater, histoire de remettre les compteurs à zéro et repartir sur des bases plus saines.