Mercato OM : à quel moment l'OM aurait-il pu prolonger Boubacar Kamara ?

Retour sur la situation au club et le contexte qui ont amené Boubacar Kamara à se retrouver aujourd'hui en position de force.

Publié le 24/12/2021 à 12:30

La question sur son avenir lui a été posée pour la 1000e fois de la saison et Boubacar Kamara est resté évasif sur le mercato à venir. Les données du problème sont connues de tous et difficiles à résoudre : Kamara est à six mois de la fin de son contrat, l'OM n'a pas forcément les moyens pour lui offrir un meilleur salaire. Alors, même si le joueur a été formé au club, cela s'appelle une impasse. Ce n'est pas avec un brassard de capitaine, par exemple, que l'on peut trouver une issue, comme personne n'accepterait de gagner moins sous prétexte qu'il y a son portrait en salle de réunion. Ce que l'on entend souvent à ce sujet, c'est que les dirigeants de l'OM n'ont pas été au niveau, qu'ils n'ont pas su anticiper cette situation. Gourverner, c'est prévoir et effectivement, là, cela n'a pas été le cas. Mais alors, quand est-ce que l'OM a vraiment loupé le coche ? 

Ce n'est pas la faute du recrutement de Gerson... 

Car déjà, l'été dernier, alors que le joueur était à un an de la fin de son contrat, c'était trop tard, il était déjà en position de force. La solution qui semblait alors convenir à toutes les parties, c'était un départ. Kamara pouvait s'en aller le sentiment du devoir accompli après quatre saisons dans son club formateur, l'OM récupérer une indemnité de transfert sur un élément formé au club. Mais cela n'a pas pu se faire. Aurait-il alors été possible de le prolonger ? Se dire que l'argent qui a servi (par exemple) à recruter Gerson aurait pu servir à donner à Kamara le plus gros salaire de l'effectif pour le blinder une bonne fois pour toutes ? Là non plus, pas aussi simple. L'OM était dans une optique de renouvellement global avec, en gros, dix départs pour dix achats. S'il est facile après coup de pointer le Brésilien qui n'a pas totalement le rendement escompté, il ne faut pas oublier que Gerson est aussi venu car l'OM savait que la volonté première de Kamara était de partir l'été dernier. Et cette stratégie du gros salaire paie rarement. Il suffit de se rappeler du PSG version Colony Capital qui avait tout donné à Pauleta pour se retrouver à jouer le maintien avec des jeunes du centre deux saisons durant. 

... ni de sa dernière prolongation

On peut alors se dire que l'OM aurait pu faire autre chose que de ne prolonger le contrat de Kamara que de deux ans, lors des dernières négociations, en septembre 2019. Mais là encore il ne faut pas oublier le contexte. A ce moment-là, l'OM est encore dans le rouge financièrement et le président Jacques-Henri Eyraud est sommé de faire partir des gros salaires. Pas le moment d'expliquer au propriétaire qu'il faut revaloriser nettement un jeune de l'effectif. Conscient de tout ça, Kamara n'en avait pas fait une affaire d'argent alors qu'il était en position de force. Il s'était basé sur ce que gagnait celui qui jouait alors avec lui en défense, Duje Caleta-Car. Sa priorité, c'était de ne pas s'engager sur une trop longue durée, n'étant pas sûr des ambitions de cette direction à moyen terme. Qui pour lui en vouloir à ce moment-là ? Faut-il alors revenir au premier contrat pro de Kamara, qui n'avait été que de trois ans ? Pas la peine, c'était la loi, il était encore mineur à ce moment-là. Alors quoi ? Boubacar Kamara va s'en aller à ses conditions et c'est une fatalité, il n'était pas possible de changer le cours des choses ? Evidemment que non. Il y avait un moment où l'OM aurait pu se mettre à l'abri dans ce dossier et cela n'a pas été fait. C'est de ce côté-là qu'il faut regarder au moment d'avoir des regrets. 

Encore le problème de l'été 2018

Et cela renvoie à ce qui peut être considéré comme le pire mercato contemporain du club, à l'été 2018. C'est à ce moment-là, où l'OM a investi une fortune sur trois joueurs (près de 60 millions d'euros pour Strootman, Caleta-Car et Radonjic) et perdu son temps avec un attaquant qui n'est pas venu (Mario Balotelli), qu'il fallait discuter avec Boubacar Kamara. Le jeune défenseur, qui sortait de sa première année de son contrat pro, avait montré de belles choses en fin de saison, étant notamment le plus jeune titulaire en quart de finale de coupe d'Europe de l'histoire du club (18 matchs au total). C'est à ce moment-là qu'il fallait le réévaluer, le faire passer sur un nouvel engagement de cinq ans. A l'époque, cela n'aurait pas coûté grand-chose et si Kamara avait sûrement mérité une nouvelle négociation derrière à la vue de sa place prise dans l'équipe, elle se serait passée pour le club avec un certain confort, vu qu'il était quoi qu'il arrive sous contrat jusqu'en 2023. Cela doit servir de leçon. C'est dans ces périodes d'euphorie, comme après une finale de coupe d'Europe, qu'il faut penser à l'avenir et au fait que des joueurs, même formés au club, penseront avant tout à leur carrière...