Lyon-OM : deux politiques de recrutement différentes

À l'approche du choc de dimanche entre les deux rivaux, il est intéressant de voir comment les deux clubs recrutent ces derniers temps.

Publié le 20/11/2021 à 18:00

Vendredi, la nouvelle est tombée, et elle n'a pas surpris grand monde. En effet, la DNCG s'est prononcée sur la situation financière de l'OM, et les sanctions ont suivi avec un encadrement de la masse salariale et des indemnités de mutation. En clair, lors du prochain mercato, Pablo Longoria aura beaucoup de mal à renforcer l'effectif de Jorge Sampaoli, sauf évidemment si le club parvient enfin à effectuer de vraies ventes, chose qu'il n'a pas réussi à faire l'été dernier et, de manière générale, depuis plusieurs saisons (voir la dernière sortie du coach argentin sur le mercato dans la vidéo). D'où ce trou dans les caisses que l'on observe et commente chaque année. Ceci dit, le président olympien a réussi un sacré tour de force l'été dernier en réalisant de judicieux prêts. De son côté, Lyon a réussi également à attirer des noms en dépit de finances resserrées, d'où l'intérêt de comparer les recrutements des deux clubs avant le choc de dimanche.

si Longoria a effectué des coups fumants avec des renforts de très haut niveau en prêt, il devra payer ces options d'achats dans les mois prochains

Le premier constat concernant l'OM est que, si Longoria a effectué des coups fumants avec des renforts de très haut niveau en prêt, il devra payer ces options d'achats dans les mois prochains, et la facture sera lourde. En effet, L'Equipe estime à 85 millions d'euros les indemnités à payer (options d'achats, clauses, bonus et autres montages) sur les prochains exercices pour Guendouzi, Lopez, De la Fuente, Balerdi, Gerson, Ünder ou encore Luan Peres. Un chiffre qui peut faire peur, mais que l'on doit toutefois relativiser au vu des profils recrutés. En effet, contrairement aux campagnes de recrutement précédentes avec des joueurs aux salaires et aux âges très élevés, Longoria est allé chercher des profils très jeunes, entre 20 et 27 ans pour le plus âgé (Luan Peres) alors que les salaires sont loin d'être mirobolants, si l'on compare à ce qui pouvait se pratiquer au même endroit il y a trois ou quatre ans en arrière. Tout cela implique évidemment des perspectives de revente à court ou moyen terme très intéressantes. Ces lourdes dépenses n'ont donc pas été faites en dépit du bon sens, et devraient rapidement dégager de belles plus-values. Elles offrent aussi à l'OM des garanties sportives, avec de quoi atteindre l'objectif premier de Frank McCourt : une qualification en C1 pour la saison prochaine, ce qui constituerait aussi une grosse somme de revenus.

Lyon a recruté du lourd pour des résultats immédiats, avec des salaires énormes et sans perspectives de plus-values

Les Lyonnais, eux, ne voient pas leur recrutement encadré. C'est d'ailleurs une spécialité chez eux depuis plus de 20 ans, avec une tradition de grosses plus-values sur leurs recrutements ou leurs éléments formés au club. C'est encore le cas aujourd'hui, mais dans des proportions bien moins importantes, ce qui fait que les finances du club de Jean-Michel Aulas s'en ressentent. Evidemment, la charge principale de Lyon depuis des années est le remboursement de son stade, étalé sur de longues années. Mais, ces dernières saisons, les Lyonnais ont raté des qualifications en C1, ce qui n'arrivait jamais auparavant et qui grève aussi leurs finances. Concernant le recrutement, on note aussi une différence avec l'OM depuis l'été dernier. Quand Longoria est allé chercher des profils jeunes aux salaires encore abordables, Lyon a recruté du lourd pour des résultats immédiats. Un pari constitué de grands noms comme Emerson (27 ans), Boateng (33 ans) ou Shaqiri (30 ans) avec des salaires énormes, que ne pourrait pas donner l'OM, mais aussi sans perspectives de plus-values, puisque les stars concernées sont âgées et coûtent très cher en salaire. Deux façons différentes de voir les choses, même si l'objectif des deux clubs reste le même avec cette qualification vitale en Champions League à la fin de la saison. Pour avoir connu cette stratégie aussi à Marseille il y a quelques saisons, il y a peut-être de quoi se dire que Lyon a plus à y perdre que l'OM dans cette course au podium. Mais plus de chance sur le papier d'y arriver ? Une victoire phocéenne ce dimanche commencera peut-être à changer les perspectives.