L'OM prend-t-il du retard dans le mercato ?

Alors que Witsel et Bazoer pourraient échapper à l'OM.

Publié le 20/06/2022 à 01:00
L'OM prend-t-il du retard dans le mercato ?

L'adage est connu, tout va très vite dans le football. Fort de la fin de saison réussie de l'OM, avec une deuxième place en Ligue 1, Pablo Longoria pouvait se frotter les mains en pensant au bel été qu'il allait passer. Déjà parce que cela voulait dire que sa méthode avait fait ses preuves : l'effectif qu'il a bâti à la dernière intersaison a réussi à faire demi-finale de coupe d'Europe et podium, ce qui n'était pas arrivé à l'OM sur les 20 dernières années. Et tout cela sans faire partie des trois plus gros budgets du championnat, ce qui renforce sa légitimité auprès des supporters aujourd'hui sur sa capacité à dénicher des talents. Récompense de tout ça, la qualification directe en Ligue des Champions, qui permet non seulement de faciliter le travail de persuasion au moment de recruter des joueurs, mais aussi de se donner un peu plus de latitude avec l'actionnaire, qui est conscient de la taille des rentrées d'argent à venir avec cette compétition. Mais une succession de nouvelles viennent gâcher la fête alors que, techniquement, l'été n'a pas encore commencé : Ali-Cho a signé à la Real Sociedad, Axel Witsel préfèrerait la proposition de l'Atletico Madrid à celle de l'OM, pareil pour Bazoer qui pourrait signer à Mönchengladbach. C'est grave ? 

L'essentiel, c'est de ne pas paniquer...

Bien évidemment que non, ce n'est pas grave. Ce n'est pas de la méthode coué, de la mauvaise foi de supporter qui ne veut pas voir la vérité en face : un simple coup d'oeil au passé suffit. Le mercato, ce n'est pas les soldes, ce qui compte, ce n'est pas d'être vif le premier jour, voir même un peu avant si l'on sait s'arranger avec les vendeurs. Il faut surtout garder la tête froide jusqu'au bout. Il y a près de 90 jours de tractations et le principal, c'est de ne pas s'effrondrer, de ne pas craquer sous la pression populaire. Regardez il y a cinq ans. Jusque dans les derniers jours, le mercato pouvait sembler cohérent avec cinq titulaires recrutés (V.Germain, L.Gustavo, A.Rami, S.Mandanda, J.Amavi). Mais après une très lourde défaite à Monaco pour la 4e journée (6-1), la grogne des supporters a poussé le board de l'époque à accélérer sur deux dossiers : Aymen Abdennour viendra pour un prêt de deux ans avec prise en charge intégrale de son salaire en compagnie de Kostas Mitroglou, contre un chèque de 15 millions d'euros pour Benfica. Rien que d'y repenser... Donc non, merci, Monsieur Longoria, même si certaines pistes n'aboutissent pas, il ne faut pas dévier du cap fixé. Surtout que l'ossature de l'équipe est là. 

... mais attention, cette année c'est particulier

Mais attention, c'est toute la complexité de la chose, il ne faut pas non plus se dire que tout va bien et qu'il faudra voir à la fin août pour les bonnes opportunités. Ca aussi, Pablo Longoria ne le sait que trop bien. Sinon, il n'aurait pas préparé ce mercato depuis des mois. Cette édition 2022 a une spécificité connue de tous les professionnels : le nombre important de joueurs en fin de contrat. Bazoer, Witsel et de nombreux autres étaient engagés avec leur club jusqu'au 30 juin. Alors s'il ne faut pas céder à la surenchère et signer un joueur pour signer un joueur, il ne faut pas croire que les enjeux sont quasi-nuls dans ce marché dans le marché. Car l'envie du club marseillais, c'est d'etoffer aussi son effectif en vue de la prochaine Ligue des champions. Pour cela, Longoria vise des joueurs gratuits, ce n'est pas nouveau (Bakambu, Kolasinac, Gigot) car cela permet ensuite d'anticiper d'éventuelles belles ventes avec des achats ambitieux derrière pour remplacer numériquement les partants. Une position d'attente peut rapidement mener à une impasse, où l'OM se retrouverait dépendant de certains départs pour financer des postes où le coach réclame du monde. Alors oui, il y a encore tout pour que l'été soit beau, rien n'est trop tard, mais rien n'est trop tôt non plus...