Nice-OM : Sampaoli a préparé sa réponse suite aux incidents !

En conférence de presse, l'entraineur marseillais Jorge Sampaoli est revenu sur les incidents survenus à l'Allianz Riviera dimanche lors de la rencontre entre Nice et l'OM, en lisant notamment un texte qu'il avait préalablement préparé.

Publié le 26/08/2021 à 15:52

Mattéo Guendouzi n’a pas souhaité s’exprimer sur les incidents de Nice. Est-ce que vous pouvez nous expliquer votre ressenti ? Comment avez-vous vécu ce match et les jours qui ont suivi ?

Jorge Sampaoli : "Alors, je pense un petit peu comme Mattéo Guendouzi. Mais je pense aussi qu’il faudrait répondre et expliquer au moins une fois mon sentiment. On repassera ensuite au football, car c’est pour moi le plus important. Je vais vous faire une déclaration sur ce que je pense de tout cela et ensuite on reparlera de football si possible. L'histoire nous a appris, à maintes reprises, qu’il n'est pas admissible d'attaquer une autre personne parce qu'elle pense différemment, parce qu’il a des goûts différents ou un maillot différent. Ça, c'est de la discrimination, du fanatisme qui ne peut pas être accepté ni dans le football, ni dans la vie. Dimanche, nous avons eu peur. Les supporters adversaires ont attaqué nos joueurs, la sécurité a laissé faire. Certains dirigeants et joueurs de Nice n’ont, non seulement, pas condamnés ces actes, ces comportements, mais les ont applaudi. Nous sommes entrés sur le terrain pour défendre nos joueurs parce que personne ne nous défendait, on était seul. Je sais que les matchs sont regardés par beaucoup d’enfants, j’ai moi-même des enfants et je n’aime pas qu’ils assistent à un tel spectacle. Le football est un jeu qui suscite beaucoup de passion, mais cela ne doit pas aller plus loin. Aux enfants, je voudrais m’excuser. On doit créer une société meilleure. C’est aussi pour cela que je demande à nos supporters de ne pas se venger dès samedi pour ce match et de se comporter comme ils l’ont toujours fait, comme des supporters qui vont toujours nous encourager. Concernant ce qui peut arriver par la suite, il y a un processus d’enquête, il y a des spécialistes qui travaillent sur les sanctions. Le match et le foot sont déjà passés au second plan. Mais pour moi, la seule chose qui compte c’est que cela ne se reproduise plus. Par contre, c’est vrai que c’est en train de prendre beaucoup de temps pour des choses que l’on a tous vu, des choses qui ont été très claires. C’est vrai que la décision est très longue. Concernant mon adjoint, Pablo Fernandez, il a témoigné. La justice va analyser son cas. Il a voulu défendre les joueurs. Sûrement que lui-même sait qu’il n’a pas bien agi. Mais moi, je peux vous assurer de mon côté que c’est un excellent être humain, un excellent professionnel. Il faut encore rappeler qu’il se passe beaucoup de temps pour prendre la décision. Sur le terrain, on a vu des supporters qui sont arrivés à plusieurs, un bon nombre de supporters sont venus agresser. C’est difficile aussi à ce moment de savoir quoi faire, il y a beaucoup de choses qui se passent. Ce qu’on sait c’est qu’il y a une sanction supposée contre lui (Pablo Fernandez). Il est venu sur le terrain pour éviter que cela aille plus loin. Avant ce qu’il s’est passé avec mon adjoint, il y a eu une agression de la part d’un supporter. Cela ne m’est jamais arrivé.

Il faut très vite mettre fin à cela, on prend trop de temps à voir cette réalité. Tout le monde a vu ce qu’il s’est passé, tout le monde a vu cette situation. Je veux aussi louer l’attitude de l’arbitre qui, après les incidents, a pris à part le président Pablo Longoria, moi-même, l’entraineur et le président de Nice pour nous dire que lui ne voyait aucune garantie de la sécurité pour que ce match se termine. Mais il a eu des pressions pour que ce match continue. Cela montre aussi que la politique prend parfois le dessus sur le bien commun. Mais il faut rappeler que le football est le plus important, on faisait un bon match, on voyait un beau match face à Nice, une très belle équipe avec un très bon entraineur. J’avais dit que Christophe Galtier était un des meilleurs coachs pour moi. Et puis d’un coup, tout est devenu fou, sans aucun sens. Il y a eu des personnes qui sont arrivées sur le terrain et tout cela s’est passé. Il faut garder le plus important, le football".

Concernant ce match, qu’est-ce que vous souhaiteriez (ou qu’est qui vous semblerait le plus juste) comme décision concernant le résultat ? Est-ce que c’est pénalisant de ne pas avoir ce match-là dans le classement ?

Jorge Sampaoli : "Ça, c’est à la Commission de discipline de décider. Mais le plus inquiétant pour moi, c’est qu’on est allé jouer à Montpellier et à Montpellier déjà, Valentin Rongier a reçu une bouteille au visage. Puis le match suivant, Montpellier a pu jouer sans soucis à domicile. La commission saura quoi faire concernant ces incidents. Mais il y a quelque chose qui n’est pas vraiment juste pour moi, selon ce que l’on m’a dit, c’est que les deux clubs ont été appelés, alors que pour Nice devrait être le seul club qui devrait être impliqué. L’OM n’a absolument rien à voir avec tout cela. Tous les faits qui se sont passés ont été causés par une invasion de terrain. Nous, on est allé jouer. Il n’y a pas eu d’incident, on a pris un but, on a continué d’attaquer. Mais tout cela est arrivé quand une personne a décidé par elle-même de stopper le match et de créer tous ces incidents".