Cana : "OM-Strasbourg, on l'avait gagné avec le cœur !"

En 2008, l'OM a déjà connu une dernière journée ultra tendue contre Strasbourg au Vélodrome. Lorik Cana revient sur cette soirée de folie, qui se terminera sur un score de 4-3, avec un sacré scénario, puisque l'OM devait attendre le résultat de Nancy, qui ne devait pas gagner contre Rennes, pour valider ou non la qualification en Ligue des Champions. Voici le récit du capitaine albanais.

Publié le 19/05/2022 à 01:00

Lorik, en 2008, l'OM a connu un OM-Strasbourg de feu lors de la dernière journée. Tu te souviens de ce match au scénario totalement fou ?

Lorik Cana : "Oui, je m'en souviens. On devait gagner en attendant le résultat de Nancy qui recevait Rennes et devait faire un faux pas. On avait passé une saison assez incroyable avec un début de championnat très difficile et une remontée extraordinaire, puis on avait fait une remontée extraordinaire avec une campagne qui malheureusement nous avait échappé en Ligue des Champions, malgré un super début. On attendait ce match pour essayer de concrétiser ce retour en force. Je me souviens qu'il y avait une atmosphère extraordinaire derrière l'équipe et un stade plein. On avait fait un match un peu fou avec un 4-3 final, avec trois joueurs en feu : Mamad (Niang), Djibril (Cissé) et Samir (Nasri). On avait joué ce match avec beaucoup de coeur et un peu moins d'aspects tactiques, parce que je me souviens que Gameiro nous avait fait assez mal en attaque, mais on l'avait gagné avec le coeur et avec le stade derrière nous".

On apprend assez vite que Rennes mène contre Nancy, mais l'OM a été mené par cette équipe de Strasbourg, qui était déjà reléguée. Vous vous étiez dit que ça allait être simple ?

L.C. : "Non, quand tu joues contre l'OM, en France, tous les joueurs sur le terrain ont envie de démontrer qu'ils ont des qualités, chacun veut défendre son club et faire bonne figure pour se relancer dans leurs carrières. Je me souviens qu'ils avaient fait un match incroyable. On avait dû mettre toutes nos forces pour aller chercher la victoire. A aucun moment, on n'a compté sur un cadeau ou sur un relâchement. Ils ont joué à fond et nous, à l'image de la saison, il y a eu des moments difficiles et une grande attente des gens qui étaient vraiment restés derrière nous. C'est ce qui a fait la différence, même dans les moments d'incertitudes, on n'a jamais vraiment douté et on a fait le maximum jusqu'à la fin, avec nos défauts de l'époque et nos qualités : le coeur, le stade et les garçons sur le terrain. Parce que si je me souviens bien, ce jour-là, il y a des garçons qui avaient pris le poids du match sur leurs épaules".

Samir Nasri, par exemple, qui met ce but d'une superbe volée du gauche. Il vous l'avait dit que c'était son dernier match ?

L.C. : "Nous, on le savait plus ou moins, qu'il avait de grandes chances de partir. Mais on savait aussi qu'il voulait partir sur la meilleure note possible et laisser quelque chose au club en le laissant en Ligue des Champions pour la progression du club et ce qu'il devait faire dans la continuité. C'est ce qu'il a fait, lui d'abord, mais après d'autres garçons ont pris aussi le poids du match sur leurs épaules. Mais Samir, ce jour-là, a été magique".

Vous étiez au courant du score de Nancy en direct ?

L.C. : "Non, pas trop sur le banc. On entendait parfois le stade avec les supporters qui se passent le mot. On entendait hurler, ce qui voulait dire que ça tournait en notre faveur et ça nous remettait un peu de gaz, c'est normal".

A la fin, on apprend que l'OM est en Ligue des Champions, c'est la fête, et cerise sur le gâteau, c'est grâce à un doublé de Pagis, votre ancien coéquipier...

L.C. : "Je me souviens, oui, même Micka Pagis avait été ovationné au Vélodrome ! D'abord parce qu'il avait laissé une impression extraordinaire à Marseille, que ce soit en tant que joueur ou en tant que bonhomme. Et c'est lui qui met ce doublé qui nous permet de rester en Ligue des Champions. Je me souviens de la fête, avec les feux d'artifice et un petit discours aux gens pour leur témoigner de notre affection et de notre gratitude pour leur aide durant toute l'année, même dans les moments difficiles. Cette année-là et cette soirée-là avaient permis de mettre les bases pour pas mal de belles choses dans le futur".

On espère la même chose samedi alors...

L.C. : "On l'espère, on croise les doigts !"