Zubizarreta : le temps des questions

Les mercatos se suivent à l'OM, et la patte de l'ancien directeur sportif du Barça se fait toujours attendre...

Publié le 23/08/2019 à 01:00

Andoni Zubizarreta est-il vraiment l'homme de la situation ? Cette question, les suiveurs de l'OM se la posent depuis longtemps, et même depuis le début pour certains. En effet, dès l'arrivée à Marseille de l'ancien DS du Barça, le premier mercato hivernal géré par la nouvelle équipe dirigeante avait déjà soulevé quelques interrogations. À l'exception du transfert de Morgan Sanson depuis Montpellier, certains tiquaient sur le bien-fondé des 30 M€ dépensés pour le retour de Dimitri Payet, de l'arrivée d'un Grégory Sertic et surtout de celle d'un Patrice Evra et de ses 35 ans bien tassés. Ceci dit, l'OM sortait d'une fin de règne désastreuse et le renouveau insufflé par le rachat par Frank McCourt balayait largement ces quelques doutes. Même chose lors du mercato estival suivant. Le transfert définitif de Thauvin, ceux de Luiz Gustavo, Rami, Amavi ou le retour de Mandanda suscitaient l'enthousiasme, mais on ne voyait toujours pas cette "patte Zubi" tant fantasmée. En gros, l'idée était que "n'importe qui" aurait pu avoir l'idée de réaliser ces transferts. Et puis, il y avait surtout ces deux "panic buys" sur Mitroglou (15 M€ pour 50% du joueur) et Abdennour (prêt de 2 ans) qui laissaient songeurs, et la suite nous a donné plus que raison. Arrivent les deux mercatos de la saison dernière, avec l'ombre d'un Strootman hors de prix, les 12 M€ investis sur l'énigmatique Radonjic, les 20 M€ sur Caleta-Car et enfin les très couteux quatre mois de l'aventure Balotelli. Pour finir, l'actuel mercato estival de l'OM vient couronner ce sentiment, même s'il n'est pas terminé.

Pourtant, Zubi est passé entre les gouttes. Pourquoi ? Parce qu'il disposait d'un argument de choc largement répandu dans la presse au début de l'été : celui d'une mainmise totale de Rudi Garcia sur les transferts depuis son arrivée. En gros, le Basque n'avait pas son mot à dire, mais avec le départ de l'ancien de la Roma, on allait voir ce qu'on allait voir. Enfin, presque, puisque le carnet de chèques ne suit plus. Ceci dit, Villas-Boas est arrivé, suivi de Benedetto et Gonzalez. Des nouveautés que l'on peut attribuer à Zubi, mais pas de quoi relancer les ventes de maillots non plus. Reste à gérer l'arrivée du tant attendu latéral gauche, mais aussi à vendre pour renflouer les caisses. Là encore, rien de concret à l'horizon pour le grand patron du sportif. Alors, il ne s'agit pas de condamner dès les premiers balbutiements de la saison l'action de Zubizarreta, mais d'alerter sur le fait qu'à l'heure où Lyon continue son travail de fond, où Nice s'apprête à lâcher les chiens et où des clubs comme Rennes ou Saint-Etienne recrutent "malin", on ne voit toujours rien venir chez nous. Pas grand-chose en tout cas. Très discret en terme de communication, Zubi fait tout de même valoir son travail en profondeur sur la formation, ce qui n'est pas rien et que nous soulignons volontiers. Mais, pour le reste, quelques inspirations bien senties de sa part seraient les bienvenues, et il ne reste que quelques jours pour cela. Dans le cas contraire, les interrogations se feront de plus en plus légitimes, voire définitives...