OM : un Villas-Boas version Calcio

L'OM de Villas-Boas version 2020-2021 sait attaquer et verrouiller quand il le faut.

Publié le 13/12/2020 à 12:00

Lors de l'arrivée d'André Villas-Boas à l'OM il y a un an et demi, on ne se posait guère de questions sur le plan tactique, car le profil du coach portugais était clair depuis le début de sa carrière : un 4-3-3 offensif basé sur un pressing haut, accompagné d'une grosse participation des latéraux. C'est d'ailleurs ce que l'on a vu majoritairement lors de la première partie de cette saison initiale, même si AVB a su changer son fusil d'épaule au mois de janvier, lorsque les organismes commençaient à grincer. On a alors découvert une autre palette du Portugais avec de nombreuses adaptations, que ce soit d'entrée de jeu ou, plus souvent, en cours de match. C'est cette dernière option que semble privilégier AVB cette saison, avec des schémas assez variés au coup d'envoi et, surtout, de nombreuses déformations du système lorsque le besoin s'en fait sentir. Et ça marche !

"N'importe quel coach est capable de changer de système, mais il faut savoir appuyer sur le bouton au bon moment, et c'est ce que fait Villas-Boas"

La victoire de l'OM face à Monaco (2-1) hier samedi en est l'un des meilleurs exemples. Pour ce combat entre deux prétendants au podium, le technicien olympien a d'abord opté pour un 4-4-2 en losange. Un milieu avec Kamara en pointe basse, les deux cavaleurs Sanson et Rongier en intermédiaires sur toute la largeur, et enfin Cuisance en 10. Une compo gagnante avec un début de match parfait en terme de pression et de courses, puisque les Monégasques ne résisteront pas à la spécialité marseillaise actuelle, qui consiste à planter à chaque occasion. Mais la sortie rapide de Sanson (blessé à la cuisse, remplacé par Gueye) a quelque peu déréglé la machine, et au vu de la faible inspiration de Cuisance à la baguette, AVB procèdera à un premier remaniement à la pause. Le joueur prêté par le Bayern passera à gauche, puis sera rapidement remplacé par Germain dans un 4-2-3-1 plus adapté. Plus adapté aux intentions monégasques de plus en plus fortes, et cela s'avèrera payant en terme de gestion, avec moins de pression et un jeu plus basé sur le contre. "C'est intéressant parce que Villas-Boas a parfaitement lu le match en changeant deux fois de système, explique au Phocéen le technicien marseillais Bernard Rodriguez. Il a même terminé à cinq derrière et plus personne en pointe pour conserver le résultat. N'importe quel coach est capable de changer de système, mais il faut savoir appuyer sur le bouton au bon moment, et c'est ce qu'il fait".

"Il est dans le bon tempo, et il transmet ça à ses joueurs qui continuent de jouer pour lui"

À la manière d'un Didier Deschamps, Villas-Boas s'est transformé au fil des événements en décisionnaire pragmatique, et ce n'est pas étranger aux excellents résultats de l'équipe depuis son arrivée. "Il n'a pas un effectif à rallonge, du coup, il en a fait une équipe modulable en jonglant avec les systèmes, confirme Rodriguez. J'ai toujours défendu le fait que, plus que les joueurs, c'est l'entraîneur qui doit influencer sur le cours d'un match. C'est exactement ce que fait Villas-Boas. Il a bien vu que son 4-3-3 était devenu trop lisible pour les adversaires. Désormais, c'est totalement le contraire avec des adaptations en fonction des situations. Il est dans le bon tempo, et il transmet ça à ses joueurs qui continuent de jouer pour lui. Il donne toutes les clés à l'équipe, et elle va chercher les résultats avec ça". À la lecture des derniers matches (de Ligue 1), on voit donc un OM à l'italienne, réagissant au quart de tour aux consignes tactiques et accumulant les points, face aux petits comme face aux gros. Molto bene !