OM : un coach Pablo, vite !

L'OM ne peut pas continuer sans véritable coach attitré.

Publié le 09/02/2021 à 01:00

Il y a deux écoles parmi les suiveurs du football concernant le rôle d'un entraîneur. Celle des plus anciens, comme notre respectable confrère André de Rocca qui, lorsqu'il enluminait de sa plume acérée les pages OM du Provençal, ne se gênait pas pour dire que le rôle du coach se limitait à sa capacité à encadrer ses troupes. En gros, le niveau et les résultats d'une équipe se jugeaient essentiellement à la valeur des joueurs qui la composaient, qu'importe le nom et le pedigree de celui qui la dirigeait. Et puis, il y a l'autre école, celle pour qui les meilleurs musiciens du monde ne peuvent s'accorder qu'avec un bon chef d'orchestre. Désolé de contredire l'illustre Dédé, mais nous penchons plutôt pour cette dernière, surtout en ce moment.

L'expérence Villas-Boas a montré qu'une équipe pouvait disparaitre au même rythme que l'implication de son coach 

Ce constat est d'autant plus évident qu'André Villas-Boas vient de nous en faire une démonstration magistrale. Arrivé à l'OM avec une vraie envie, un projet et un staff à sa mesure, le Portugais a fait d'une équipe en fin de parcours une machine de fraîcheur et de réalisme, faisant ainsi la nique à des effectifs bien plus qualitatifs comme Lyon ou Lille dans la course à la Champions League. Le résultat d'un travail sur le jeu, mais aussi et surtout d'une emprise totale sur son groupe, notamment ses individualités qui ne jouaient que pour lui. Au point de le prier d'infléchir sa décision de quitter le navire au printemps dernier. C'est là qu'on a vu qu'une équipe pouvait disparaitre au même rythme que l'implication de son coach. De leur côté, les dirigeants ont aussi payé pour voir. À vouloir retenir le guide portugais à tout prix - ce qu'on ne peut pas leur reprocher - ils n'ont fait que reporter de quelques mois l'inéluctable : la dispersion d'un troupeau abandonné par son berger.

S'il suffisait de présenter onze joueurs sur le terrain, même à gros salaires, pour gagner un match, cela se saurait

C'est la raison pour laquelle l'OM ne peut pas se payer le luxe de continuer comme ça. Avec tout le respect que l'on doit à Nasser Larguet et ses adjoints, propulsés du jour au lendemain à la barre d'un navire en perdition, le club olympien ne peut pas se passer d'un véritable entraîneur attitré, pas même le temps de deux ou trois matches. Personne ne peut se le permettre d'ailleurs. Ce serait faire offense au football et surtout à la Ligue 1, un championnat dénigré par ses suiveurs mais dont les joueurs font rêver les recruteurs des plus grands clubs européens. S'il suffisait de présenter onze joueurs sur le terrain, même à gros salaires, pour gagner un match, cela se saurait. Y compris en coupe de France face à une Ligue 2 mercredi, où personne ne se risquera à parier sur une qualification à Auxerre en l'état. Pablo Longoria a prouvé lors du dernier mercato qu'il était capable de trouver de bons joueurs avec des finances limitées. Il doit maintenant renouveler le tour de passe-passe en dénichant le coach que l'OM mérite dans les jours qui viennent, car on le jugera aussi là-dessus. Il y a urgence !