OM : sur qui Larguet peut-il vraiment compter ?

Les matchs passent et certains Olympiens semblent de plus en plus loin du niveau requis.

Publié le 15/02/2021 à 15:00

Si le match nul ramené de Bordeaux par l'OM (0-0) ne nous apporte guère d'enseignements supplémentaires sur le niveau collectif d'une équipe que l'on a déjà cerné depuis longtemps, il nous permet tout de même de tirer certaines leçons sur le plan individuel. À nous, mais surtout à Nasser Larguet, voire à son successeur si les dirigeants parviennent enfin à lui mettre la main dessus. En effet, cette purge footballistique au Matmut Atlantique a eu le mérite de montrer qui a le niveau pour tenter de remonter la pente en cette deuxième partie de saison, mais aussi de mettre le doigt sur ceux qui ne l'ont pas, et ils sont plusieurs.

Ceux pour qui le compte n'y est pas du tout

On va d'ailleurs commencer par cette catégorie, car ce Bordeaux-OM a mis en lumière des défaillances qui viennent s'ajouter à des constats que l'on fait déjà depuis plusieurs mois. Il y a ceux que l'on avait déjà identifiés, mais aussi - et c'est plus gênant - certains éléments sur lesquels l'OM comptait bâtir dans les années à venir. Concernant les premiers, personne ne sera surpris de voir Valère Germain, déception certifiée depuis son arrivée à l'OM à l'été 2017. Il n'est jamais agréable de taper sur un élément impliqué, respectueux et rarement utilisé dans les meilleures conditions. Valère est tout cela, mais à force d'empiler les prestations transparentes et de louper des occasions immanquables, on ne peut pas lui accorder de circonstances atténuantes, surtout à ce salaire-là. Toujours en attaque, on n'aurait pas imaginé écrire cela à propos de Pipa Benedetto. Mais l'Argentin n'a pas besoin de nous pour écrire lui-même sa propre déchéance en alignant des prestations toujours plus mauvaises les unes après les autres. Dans une moindre mesure, on peut également évoquer la chute régulière du soldat Sakai, guère meilleur que son compatriote Nagatomo ces derniers temps. Les deux souffrent clairement de la comparaison avec leurs concurrents Lirola et Amavi. Et puis, comment ne pas parler des performances en chute libre de Florian Thauvin et Dimitri Payet ? Les deux fers de lance offensifs de l'équipe, les deux meilleurs joueurs même, semblent de moins en moins concernés, alors qu'ils devraient tirer leurs coéquipiers vers le haut. À eux deux, ils symbolisent cette saison ratée, et c'est grave. Enfin, on voyait en Leo Balerdi et Michaël Cuisance l'OM de demain, cet OM rajeuni enfin capable d'exister sur le marché des transferts. C'est raté, car les deux espoirs prêtés (avec options d'achat) n'ont pas le niveau en dépit du temps de jeu qui leur est accordé.

Ceux sur lesquels le coach va pouvoir s'appuyer

Dans l'autre sens, il y a ceux qui ont conscience que cette saison ne compte pas pour du beurre, que ces matches à huis clos ne sont pas pour autant des matches amicaux, et heureusement. Si le futur entraîneur les regarde, ils les a déjà identifiés, et ce n'est pas difficile tant l'écart avec les premiers cités est béant. On ne s'attardera pas sur Steve Mandanda qui fait le job, comme d'habitude. Même chose pour Jordan Amavi, d'autant qu'il ne sera peut-être plus là la saison prochaine, ou pour Valentin Rongier, pas souvent génial mais toujours impliqué. Même chose pour Alvaro, impeccable combattant, et pour Caleta-Car, même si le Croate a baissé d'un ton ces dernières semaines. À côté de ces valeurs sûres, on observe avec plaisir l'envie et l'esprit offensif d'un Pol Lirola qui ressemble de plus en plus à une bonne pioche. Au contraire d'autres joueurs prêtés, l'Espagnol a compris qu'il disposait d'une formidable occasion de se montrer. On espère dire bientôt la même chose d'Olivier Ntcham, et ses premières entrées en jeu nous font croire qu'il a lui aussi compris. Toujours parmi les prêtés, il n'y aura pas de débat Arkadiusz Milik tant le Polonais est au-dessus de la concurrence en attaque, même blessé et à court de compétition. Enfin, il y a les jeunes qui ne déçoivent jamais et sur lesquels Nasser Larguet peut s'appuyer en toutes circonstances. On parle bien sûr de Bouba Kamara, impeccable au milieu ou dans l'axe de la défense, jamais démotivé et toujours au-dessus du lot. Même chose pour Pape Gueye, qui a franchi le pas entre la L2 et la L1 avec une facilité déconcertante. Si l'OM réussit un coup à la fin de la saison, ces deux-là y seront pour beaucoup. Enfin, on terminera la distribution de bons points avec Lucas Perrin et Bamba Dieng, parce qu'il est toujours agréable de voir des jeunes de la réserve se hisser au niveau lorsqu'on fait appel à eux. Avec tous ces éléments méritants, il y a de quoi terminer la saison sur une bonne note, avant un sérieux nettoyage de printemps.