OM : pourquoi le club n'a pas à s'inquiéter de la DNCG

La Direction nationale du contrôle de gestion (DNCG) a pris la décision vendredi d'encadrer la masse salariale du club marseillais et ses transferts. Toutefois, les dirigeants ne sont pas inquiets.

Publié le 03/07/2021 à 12:00

En début de semaine, l'OM était auditionné par la DNCG (Direction nationale du contrôle de gestion), le gendarme financier du football français, comme l'ensemble des clubs de L1 et L2. On apprenait mardi que le club était placé en sursis en attente d'éléments complémentaires, puis vendredi que l'OM était placé sous "encadrement de la masse salariale et des indemnités de mutations". Autrement dit, une surveillance des divers mouvements effectués ou à venir lors de ce mercato, tout comme le FC Nantes, même si les Canaris sont eux carrément interdits de recruter à titre onéreux, ce qui n'est pas le cas de l'OM. Gênant, mais pas de quoi trembler non plus, car le club a des ressources. On l'a d'ailleurs vu en ce début de mercato avec les arrivées de Gerson, de Konrad de la Fuente, mais aussi avec l'achat définitif de Leo Balerdi. Des transferts qui ne seront pas remis en cause.

L'état-major olympien n'est pas vraiment inquiet, un avis partagé par l'ensemble des observateurs

Toutefois, cet avertissement n'est pas anodin, dans le sens où les opérations en cours en ce moment pourraient être freinées par cette contrainte, au moins celles qui concernent des transferts. D'où la nécessité pour Pablo Longoria d'obtenir des prêts, ce qu'il cherche à faire avec Pau Lopez, par exemple. Mais, ce léger contretemps devait être rapidement réglé. Comment ? En continuant le dégraissage des gros salaires, déjà bien entamé avec les fins de contrat de Thauvin ou Valère Germain, par exemple. Et cela devrait continuer avec le prêt imminent de Kevin Strootman ou les ventes probables de Caleta-Car et Kamara. De quoi soulager sensiblement la masse salariale qui plombe le club depuis des années. C'est la raison pour laquelle La Provence indique ce samedi que l'état-major olympien n'est pas vraiment inquiet. Un avis partagé par l'ensemble des observateurs, bien plus préoccupés par la situation des Girondins de Bordeaux, par exemple, relégués en L2 à titre conservatoire.

"Concernant McCourt, la DNCG sait qu'il a les épaules solides financièrement et qu'il présente les garanties nécessaires"

Autre raison de se rassurer : la solidité financière de Frank McCourt. En janvier dernier, Le Phocéen révélait que le propriétaire américain de l'OM allait réinjecter de grosses sommes en cette intersaison. Information qui prend tout son sens aujourd'hui, puisque le Bostonien aurait reboosté les comptes du club avec un apport estimé entre 40 et 55 millions d'euros. Du coup, cette contrainte imposée par la DNCG peut être accueillie avec sérénité, d'autant qu'il s'agit plus d'une affaire de timing qu'autre chose. "Je ne suis pas inquiet pour l'OM, explique au Phocéen l'économiste du sport Vincent Chaudel, de l'Observatoire du Sport-Business. La situation de l'OM n'a rien à voir avec celle de Bordeaux, par exemple, car le projet de Gérard Lopez est basé sur l'endettement. Concernant McCourt, la DNCG sait qu'il a les épaules solides financièrement et qu'il présente les garanties nécessaires. Elle fait son métier en disant attention ! Mais les départs des gros salaires et un ou deux transferts suffiront à faire sauter le verrou, d'autant que ce mercato sera principalement basé sur des échanges, des prêts, ou des joueurs en fin de contrat. Du coup, l'OM peut se reconstituer une belle équipe à moindres frais, même s'il devra assumer des salaires importants. C'est la raison pour laquelle le club aura intérêt à être performant en Europa League et à accrocher la Champions League la saison prochaine". En dépit de cette mise en garde, on peut donc voir l'avenir de manière optimiste, et même une conjoncture plutôt favorable au vu de ce mercato particulier. À condition de faire les bons choix sportifs, évidemment...