OM : Longoria, celui qui a tout compris

L'Espagnol poursuit son ascension fulgurante à seulement 34 ans.

Publié le 27/02/2021 à 12:00

En juin 2020, alors que son nom était cité pour la première fois suite au départ d'Andoni Zubizarreta, Pablo Longoria parlait au Phocéen. En fait, nos contacts remontaient à un an plus tôt, alors que le jeune dirigeant espagnol était encore directeur sportif du FC Valence et que nous l'interrogions sur l'intérêt du club Ché pour Florian Thauvin. À notre grande surprise, il avait décroché au premier coup de fil et n'avait pas du tout fui notre question. Au contraire, il nous avait affirmé son attraction pour l'ailier droit olympien et la conversation avait dévié sur bien d'autres sujets. Lorsque son nom est apparu un an plus tard dans l'actualité olympienne, nouvel appel et rebelote, Longoria était au bout du fil. Sans confirmer les contacts avec l'OM, celui qui avait quitté Valence quelques mois plus tôt prenait de longues minutes pour évoquer son admiration pour le club olympien et laissait clairement entendre qu'il serait évidemment honoré par une telle proposition. Nous vous racontons cette anecdote parce qu'elle prend tout son sens aujourd'hui. Pablo Longoria est ambitieux et il ne le cache pas. Mieux : au contraire de l'immense majorité de ses homologues de la profession, il casse les codes en se montrant ouvert à la discussion, sans jamais snober ceux qui se donnent du mal pour entrer en contact avec lui. Longoria ne snobe pas, parce qu'il a été de l'autre côté de la barrière, et c'est sa force.

Un gamin passionné de football sans avoir été footballeur, qui, en quelques années, a grillé la politesse à ceux qui brandissent leur légitimité par leur simple carte de visite

Cette personnalité atypique, il la doit évidemment à son parcours totalement inédit dans le football moderne. Inédit de par son âge et sa trajectoire, mais aussi par une ascension qu'il ne doit qu'à lui-même. L'histoire d'un gamin passionné de football sans avoir été footballeur. Qui, en quelques années, a grillé la politesse à ceux qui brandissent leur légitimité par leur simple carte de visite. Combien d'anciennes stars ont revendiqué ce poste sans jamais avoir prouvé quoi que ce soit, hormis d'avoir été de bons footballeurs ? Ce n'est pas le cas de Pablo, lui qui a commencé à tisser sa toile en dénichant des pépites sur Football Manager, avant de parcourir les terrains à leur rencontre. Lui qui a su faire le pied de grue sous la fenêtre d'un agent espagnol confirmé (Eugenio Botas), avant d'en devenir le bras droit. Lui qui a su se rendre indispensable dans ses compte-rendus d'observation, que ce soit au Recreativo Huelva, à Santander, à Newcastle puis à l'Atalanta. À tel point qu'il franchit un nouveau cap en devenant responsable du recrutement à Sassuolo, puis chez le Saint des Saints de la Serie A : la Juventus de Turin. Nous sommes alors en août 2015, Pablo n'a que 30 ans, et, même si le palier est déjà très haut, l'incroyable ascension est loin d'être terminée. Il connait une première consécration en devenant le directeur sportif d'un grand d'Espagne en 2018, le FC Valence, puis du plus grand club français l'été dernier.

Alors que les CV et les coups de fil affluaient, McCourt disposait déjà d'un Wonderkid au sein même des bureaux de La Commanderie

À 34 ans, l'homme pressé aurait pu s'accorder une pause à l'issue d'un tel parcours, mais l'OM n'en accorde que rarement, et pas en ce moment. À l'instar des géants de la Silicon Valley ayant débuté en bidouillant trois fils électriques dans le garage de leurs parents avant de traiter d'égal à égal avec des chefs d'Etat, Pablo voit plus grand. Et si ce n'est pas de son fait, d'autres se chargent de le faire pour lui. Cette fois-ci, c'est Frank McCourt qui lui fait la courte échelle. Alors que les CV et les coups de fil affluent depuis la chute en disgrâce de Jacques-Henri Eyraud, l'Américain n'est pas tombé dans la facilité, et surtout dans le panneau. En bon ressortissant du pays de la success-story, McCourt n'a pas donné suite aux circonvolutions des professionnels de la profession, puisqu'il disposait déjà d'un Wonderkid au sein même des bureaux de La Commanderie. A-t-il été guidé par Longoria lui-même dans sa décision de le nommer président ? On n'en sait rien et peu importe. À l'instant T, un seul choix s'imposait. McCourt l'a compris en nommant celui qui comprend plus vite que les autres. Logique, non ?