OM : le repositionnement de Kamara change tout

Retour tactique sur les changements défensifs opérés par Jorge Sampaoli.

Publié le 14/12/2021 à 12:00

Qui aurait cru que l'OM aurait la meilleure défense de Ligue 1 après 18 journées ? Honnêtement, personne et encore moins après avoir assisté à un début de saison où les Olympiens donnaient chaque weekend des récitals d'inspirations offensives, tout en marchant sur un fil défensivement. Un spectacle loué par tous les observateurs, mais qui a fini par s'étouffer lui-même lorsque les organismes furent confrontés à l'impossible équation des trois matchs par semaine. C'est à ce moment-là que Jorge Sampaoli est passé du statut de sorcier à celui de coach obtus et inadapté aux réalités de la Ligue 1. Mais seulement pour un temps.

"Au départ, même lorsque l'OM gagnait, on s'apercevait que ça ne tenait souvent qu'à un fil"

En effet, derrière les interrogations, il suffisait de jeter un oeil sur le classement pour s'apercevoir que l'OM restait en course malgré de longues périodes sans victoire, mais surtout possédait une défense plus que solide. Fort de ce constat, l'Argentin a su utiliser ces paramètres pour remettre son équipe dans la course. "Il a eu l'intelligence de s'adapter à un championnat qu'il ne connaissait pas, reconnaît le technicien marseillais Bernard Rodriguez. Au départ, même lorsque l'OM gagnait, on s'apercevait que ça ne tenait souvent qu'à un fil, même si le spectacle était là. L'équipe marquait des points, mais le déséquilibre qu'elle affichait pouvait pencher d'un côté comme de l'autre. D'ailleurs, on ne savait pas vraiment nommer son système, car ça changeait plusieurs fois dans le même match. Cela demandait une intensité physique et une concentration qui ne pouvaient que finir par user les joueurs. Et c'est ce qui s'est passé".

"Kamara avance ou recule de 15 mètres selon les situations. Il suffit juste d'appuyer sur un bouton et ça change complètement le visage de l'équipe"

Une usure que Sampaoli a parfaitement analysée pour remettre en chantier son dispositif, notamment sur le plan défensif et en demandant à ses joueurs de ne plus insister sur la possession et le surnombre. Une "realpolitik" aujourd'hui payante, comme on a pu le constater à Strasbourg (2-0) dimanche dernier. "Aujourd'hui, l'OM joue en 4-1-4-1 ou en 4-2-3-1, analyse Rodriguez, on a encore vu une évolution à Strasbourg avec un 5-4-1 lorsque l'équipe n'avait pas le ballon. C'est la principale nouveauté, avec un Kamara qui avance ou recule de 15 mètres selon les situations. Il suffit juste d'appuyer sur un bouton et ça change complètement le visage de l'équipe. Cela donne une équipe ultra hermétique et même chirurgicale, car elle a les joueurs pour marquer lorsqu'elle a une occasion. C'est ce qu'on a vu à Strasbourg où, il faut être honnête, on ne s'est pas régalé. Mais le résultat est là et c'est à mettre au crédit de Sampaoli. On parlait de lui comme d'une curiosité, un sorcier du jeu avec des schémas qui sortaient de l'ordinaire, mais il prouve qu'il est d'abord là pour faire gagner l'OM". Et on ne s'en plaindra pas...