OM : doit-on revoir Gerson au poste de sentinelle ?

Retour sur le match de Gerson, qui a joué plus bas contre Chauvigny en coupe de France.

Publié le 04/01/2022 à 07:50

Difficile de tirer des enseignements d'une qualification en Coupe de France contre Chauvigny. C'est un 3-0, certes, mais cela reste une victoire contre une équipe du sixième échelon national. En face, Jorge Sampaoli a aligné ce qui peut s'apparenter à une grosse équipe : Milik, Payet, Guendouzi, Saliba... toutes les stars étaient là et quand on a Steve Mandanda pour jouer les coupes, juste 600 matchs avec l'OM, ce n'est pas une simple doublure à qui l'on fait se dégourdir les jambes. Reste que dans cette rencontre, le coach argentin a tout de même tenté quelque chose, avec le positionnement de Gerson. 

Non, Gerson n'était pas à gauche mais vraiment sentinelle

Beaucoup d'applications ou de sites qui proposent de suivre les matchs en direct n'ont pas fait attention. Pour eux, avec Sampaoli, cela fait des mois que la messe est dite tactiquement avec son 3-3-3-1, donc va pour cette disposition. Sauf qu'en réalité, à bien regarder le match, ce n'était pas du tout ce dispositif. Comme depuis quelques semaines déjà, le club phocéen est passé à un 4-1-4-1. Possible de se dire que ça ne change pas grand-chose vu le poste hybride à droite, mais en fait, il y a bien des différences. Il y a une sentinelle donc, un Luan Peres pour de bon installé comme latéral gauche, un milieu positionné latéral droit dès le départ, qui peut revenir en milieu défensif, mais c'est plus épisodique. Et surtout, une ligne de quatre derrière l'avant-centre, avec quasiment tout le temps Mattéo Guendouzi, le symbole de ce harcèlement le plus haut possible sur le porteur. Dans cette configuration, Gerson a souvent été dans cette ligne, à la place ou en association avec Dimitri Payet. Un crève-coeur pour ses fans de la première heure qui jurent que le Brésilien est meilleur quand il joue plus bas. Il ne l'a fait véritablement qu'une fois cette saison, à Lille, dans un 3-5-2 qui ne restera pas dans les annales. Sinon, même en début de saison, quand le Brésilien jouait dans un milieu fourni, il y avait toujours deux joueurs (entre Pape Gueye, Boubacar Kamara et Valentin Rongier) capables de prendre l'axe et le côté droit. Cette fois-ci, dans l'axe, c'était lui, tout seul, avec Kamara à droite et Guendouzi bien plus haut. Alors, ça a donné quoi ? 

Gerson comme Gattuso et Pirlo

A l'arrivée, il a montré ce visage que l'on pouvait attendre de l'international auriverde lors de sa signature. Un milieu défensif, dans le dépassement de fonction. Pas du tout embarrassé au moment de se retrouver plus haut sur le terrain pour construire les actions. Il est d'ailleurs passeur décisif sur le deuxième et le troisième but pour Under et Harit, avec des remises bien senties. Si, sur ces actions, il n'est pas possible d'assurer que c'est parce que Gerson était positionné plus bas et partait de plus loin qu'il a été décisif, il est évident qu'il semble libéré d'un poids quand il n'est pas, comme contre Reims, un cran plus haut, où l'on attend qu'il débloque la situation et où il finit par frustrer tout un stade avec ses passes en retrait. De fait, l'aspect défensif n'est pas forcément abordé. C'est une chose de ne pas être débordé contre Chauvigny, qu'en sera-t-il en Ligue 1, le royaume des attaques de transition, comme l'on dit désormais ? Est-ce vraiment le débat quand on y réfléchit bien ? Quand on évoque une sentinelle, on pense forcément à un N'Golo Kanté, un roc qui a en plus un immense champ d'activité, mais ce n'est pas forcément ce que demande Sampaoli. L'entraîneur de l'OM a déjà dans l'équipe son Gattuso, positionné plus haut, chargé de récupérer rapidement avec Guendouzi. Gerson est donc plus attendu dans un registre à la Pirlo. Tout en ouvertures, technique et vision de jeu. Donc oui, cela mérite d'être revu, en Ligue 1.