La Finale de la Coupe de France Nice-OM ou le retourné de Pancho

La rubrique Histoire OM, sous la plume et les souvenirs de Fernand Bonaguidi.

Publié le 27/10/2021 à 14:05
La Finale de la Coupe de France Nice-OM ou le retourné de Pancho

Nice-OM, c'est pas mal de souvenirs dans ce derby du sud. Mais c'est surtout une finale de Coupe de France en 1954 avec des joueurs qui marquèrent l'histoire du club olympien, Gunnar Andersson, Roger Scotti et Larbi Ben Barek. Revenons à cette année 1954. Deux ans après avoir frôlé la descente dans les barrages, l'OM va se refaire une santé, d'autant plus que Gunnar Andersson a battu en 1953 le record de but en D1 avec 35 réalisations.
 En 53/54, le début n'est pas très brillant avec une défaite contre Nîmes 0 à 4 au Vélodrome qui fait un peu tâche, mais le retour de Larbi Ben Barek va galvaniser l'équipe et la porter en finale de la Coupe de France après avoir éliminé le grand Reims de Kopa au Parc en 16eme de finale.
 Avec une triplette d'attaque Ben Barek - Andersson - Scotti, les Marseillais vont se présenter à Colombes le 23 Mai 1954 face à l'OGC Nice, son grand rival sudiste.

Mais revenons à Larbi Ben Barek, la perle noire, qui fut la grande star internationale avant le roi Pelé lui-même, mais dont la carrière fut gâchée par la guerre.
 Lorsqu'il arriva à Marseille en 1938, Larbi semblait vraiment venir d'un autre monde tant son football était parfait. Son adresse, ses jongleries, son dribble, son toucher de balle en faisaient un véritable phénomène.
 A tout juste 21 ans, il illumina le Vélodrome pendant une saison.
 Reparti durant le conflit mondial au Maroc, Larbi, qui appartenait toujours à l'OM, fut transféré au Stade Français en 1945, avant de devenir la star de l'Atletico de Madrid.
 Pierre Robin, revenu aux affaires en Novembre 1953, le fera revenir à Marseille, ou même sur la fin de sa carrière, il se retrouvera sélectionné en équipe de France à plus de 38 ans contre l'Allemagne.

Larbi et ses coéquipiers arrivent donc à Colombes pour cette finale de 54, mais pris dans la circulation, le car Olympien ayant oublié le laisser-passer va rester bloqué pendant quelque temps face à un contrôleur particulièrement zélé. Il va falloir se présenter de l'autre côté du stade, les joueurs rejoignant en catastrophe les vestiaires. Vite habillés, les coéquipiers de Roger Scotti ont à peine le temps de se présenter à la foule, avant de prendre deux buts en dix minutes avec des réalisations de Nuremberg et de Carniglia. 
L'OM va revenir au score grâce à l'ami Gunnar, comme d'habitude, à la 55eme minute, et va essayer d'égaliser en vain.
 Jusque dans les tous derniers instants du match, Nice semble vivoter sur son but d'avance.
 Il ne reste plus que deux minutes à jouer, l'OM attaque en masse, jouant le tout pour le tout. Salem, Gransart, les arrières, tous figurent dans la ligne d'avants, et Scotti va avoir l'occasion d'égaliser. Il se retrouve seul devant le but azuréen que Hairabedian a déserté... Roger place la balle où il faut, mais c'est alors que Pancho Gonzales, dans un geste époustouflant, effectue un retourné acrobatique pour dégager le ballon.

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La VAR n'existait pas à l'époque, et l'OM fut battu deux à un. 
But, pas but,  la balle était-elle rentrée ? la controverse existe encore aujourd'hui pour les témoins de l'affaire, 
hélas, il n'en reste plus beaucoup. 
Ben Barek, Andersson et Scotti ont rejoint le paradis olympien, mais ils sont rentrés dans l'histoire, et nul doute que Roger, d'où il est, a la certitude que la balle avait bien franchi la ligne.

23 Mai 1954 Stade de Colombes, 
OGC Nice OM 2 à 1 ( 2 - 0)


Arbitre : Mr Harzic - 56803 spectateurs

Buts : Nuremberg (5e), Carniglia (10e), Andersson (55eme)

OM : Angel - Gransart, Johansson, Salem - Rossi, Mesas - Palluch, Ben Barek, Andersson, Scotti, Mercurio