Benedetto : l'OM en tête, Boca dans le coeur

Pipa reste supporter à vie de Boca Juniors, mais son présent est à l'OM. Ce qui n'est pas incompatible.

Publié le 30/05/2020 à 01:00

En France, il y a l'OM, et en Argentine, il y a Boca Juniors. D'ailleurs, ceux qui ont connu ces deux clubs mythiques ne manquent jamais de faire le parallèle entre ces institutions plus que centenaires. Normal, car on parle ici des deux équipes les plus populaires de leurs pays respectifs et des supporters les plus chauds. Ceux de l'OM sont souvent décrits comme le 12e homme, alors que ceux de Boca sont carrément surnommés "El 12" (le douzième). Enfin, ils ont tous les deux leur grand rival avec le PSG et River Plate, considérés comme "l'élite" face aux classes populaires. Bref, l'OM et Boca jouent dans la même cour et le lien se consolide encore un peu plus aujourd'hui à travers Pipa Benedetto, idole de Boca Juniors passé l'été dernier chez le cousin marseillais.

Une polémique du "mercenaire" qui ne tient pas deux minutes

Pourquoi parler de lui aujourd'hui ? Parce que pour la énième fois, Pipa a déclaré dans la presse de son pays sa flamme pour la Bombonera et a encore affirmé son désir absolu d'y retourner un jour. "Je l'ai toujours dit, à un moment donné je reviendrai, je ne veux mentir à personne ni à moi-même. Mais j'avais ce rêve de jouer la Ligue des Champions, et ce rêve je l’ai ici à l'OM, car la saison prochaine je la jouerai. Aujourd'hui je prends du plaisir à l’OM, je profite du foot français et de mon rêve de jouer cette compétition. Pour Boca, on verra s’il y a une possibilité plus tard, mais si j'ai la chance de pouvoir revenir dans deux ans, je serais heureux". Un souhait qui n'étonne pas ceux qui suivent Benedetto depuis son arrivée à l'OM, mais qui a tout de même soulevé une polémique sur les réseaux sociaux. En effet, pourquoi un joueur à peine arrivé à l'OM déclare-t-il à tout bout de champ vouloir revenir à la maison ? Adopté dès ses premiers matches au Vélodrome, Pipa ne serait-il finalement qu'un mercenaire venu multiplier son salaire en Europe avant de rentrer chez lui ? Certains le pensent. D'autres soulignent qu'il souhaite aller jusqu'au bout de son contrat à l'OM afin d'en partir gratuitement et mettant l'accent sur le prix de son transfert. Tout cela s'entend, mais la vérité est bien différente.

Comme n'importe quel footballeur sud-américain, Pipa a réalisé sa mission d'aller se frotter au football européen. Le football-roi...

En fait, Pipa ne fait rien d'autre qu'être sincère. Souvenons-nous de notre délectation lorsque Didier Drogba clamait son amour pour l'OM et son intention ferme d'y revenir. De notre vibration lors de son but face au PSG avec Chelsea, chambrant les supporters parisiens à coup de "Allez l'OM !". De belles déclarations d'intentions qui resteront lettres mortes, car Didier n'aura jamais fait qu'un an à Marseille et préfèrera les devises de Shanghaï ou de Galatasaray à un retour dans son "club de coeur". La position de Pipa est radicalement différente. Comme n'importe quel footballeur sud-américain, il réalise sa mission d'aller se frotter au football européen. Le football-roi qui consacre un joueur avec la plus grande des compétitions et, accessoirement, met définitivement à l'abri sa famille. C'est ce que fait Pipa, comme tous ses glorieux compatriotes, et ne pas y parvenir aurait été un échec. Ce rêve, il le réalise de plus sous un maillot mythique, au moins autant que celui de son coeur. C'est ce qu'il explique, d'ailleurs, dans l'autre partie de son interview : "Les supporters marseillais sont des passionnés. J'ai été surpris au début par les gens dans le stade, dans la rue, ça ressemble beaucoup à l'Argentine. Et dans tous les autres stades où j'ai joué en France, il n'y a pas de supporters au niveau de ceux de l'OM". Une partie moins commentée que la première, mais qui donne toute la dimension du ressenti du joueur. Celui d'avoir poursuivi son rêve, lui qui à 29 ans craignait d'avoir raté la marche du plus haut niveau. Il le vivra la saison prochaine, avec les étoiles et la musique mythique de l'UEFA Champions League, comme le font chaque saison Leo Messi, Paolo Dybala, Angel Di Maria ou Sergio Agüero. Le devoir accompli, dans un an, dans deux ans, Pipa pourra rentrer au pays, dans cette Bombonera qui ressemble tant au Vélodrome. La tête haute, et personne ne lui en voudra. Pas nous, en tout cas...